Si la sorcière des contes de la rue Broca loge rue Mouffetard, ce n’est certainement pas au 89. À ce numéro là se situe Mococha, une très jolie chocolaterie créée et tenue par Marie-Hélène Gantois. L’auteur Pierre Gripari ne le mentionne peut être pas, mais Marie-Hélène est la fée du chocolat.

Mococha, c’est le nom d’un village dans le Yucatán au Mexique, mais c’est surtout l’adorable déformation enfantine de « mon chocolat » que faisait la fille d’un ami de Marie-Hélène. Mococha, c’est la boutique de chocolats que Marie-Hélène a créé en 2009 et qui se situe au numéro quatre-vingt neuf de la très sympathique rue Mouffetard.

La chocolaterie de Marie-Hélène n’est pas une chocolaterie comme les autres. Elle est un lieu de vie, un logis ; et rares sont ces endroits où la maitresse des lieux en personne ouvre la porte et reçoit ses clients comme si elle recevait des convives qu’elle attendait. Ses clients, Marie-Hélène les accueille chaleureusement. Elle entretient avec eux une relation très particulière, assez intimiste, qui met de suite à l’aise et qui donne envie de revenir ; non seulement pour acheter, mais aussi pour elle, pour prendre de ses nouvelles.

Marie-Hélène est une passionnée. Elle est une femme entière, vraie et pleine de bonté. Elle transmet sa passion à travers son discours, qui est sans aucun doute, le plus beau de tous les contes.

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Marie-Hélène Gantois
Crédit Photo : © Géraldine Martens

Portrait d’une femme chocolat

En fin d’apprentissage dans une école de commerce, Marie-Hélène intègre l’équipe du chocolatier Patrice Chapon en tant que responsable de développement. À l’époque, le chocolatier ne se situait qu’à Chelles et c’est avec Marie-Hélène qu’il s’installa sur Paris ; d’abord avenue Mozart dans le 16ème arrondissement, puis rue du Bac dans le 7ème.

Au bout de 8 ans de collaboration avec la maison Chapon, Marie-Hélène décide de voler de ses propres ailes et de créer son univers de chocolat, son Mococha.

En se baladant par hasard dans la commerçante rue Mouffetard – un jour de pluie – Marie-Hélène aperçoit soudain dans la grisaille, un ravissant rayon de soleil. Une boutique de fripes tenue par un chinois se retrouve en vente et à bas prix, certainement à cause de la crise. Nous sommes en 2008.

Devant une telle opportunité, l’hésitation n’a pas le temps d’apparaître que Marie-Hélène est déjà installée. Mococha est né.

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Crédit Photo : © Géraldine Martens

L’univers de Mococha

Mococha, c’est une histoire de coups de cœur et de contacts humains. Dans sa chocolaterie, Marie-Hélène a pris le parti de ne proposer que trois chocolatiers de province, afin de les faire découvrir à la clientèle parisienne.

La sélection est réduite ? Peut être. Mais il est enfin possible grâce à Mococha de découvrir et déguster des chocolats signés Jacques Bellanger, Johann Dubois et Fabrice Gilotte.

Ces trois chocolatiers de sa « chocothèque » sont tels des œuvres permanentes dans un musée. Ils sont ceux que l’on prend plaisir à découvrir et à redécouvrir au fil des mois, au rythme des saisons, au cours de l’année. Sont également exposés, deux torréfacteurs – Pralus et Anne & Benoit Nihant – pour leurs tablettes, ainsi que le véritable fondant Baulois.

Enfin, chaque année, elle invite trois chocolatiers étrangers qu’elle appelle les Éphémères. Actuellement, elle met en scène le chocolat vietnamien Erithaj par Arnaud Stengel, puis viendra le tour de Bertil Akesson.

chocolat gillotte paris

Crédit Photo : © Géraldine Martens

Sa passion pour la transmission est l’unique motivation qui – depuis 2009 – pousse Marie-Hélène dans cette fabuleuse aventure pleine de rencontres, de partages et de bons chocolats. Entrer chez Mococha donne la sensation de rentrer chez le chocolatier en personne. Chez l’artisan que l’on souhaite rencontrer mais qui, par malchance, est absent. Marie-Hélène joue en quelque sorte le rôle de médiatrice entre le client et le chocolatier ; elle connait suffisamment bien les produits pour en parler et amplement bien les artisans pour les présenter.

Cette relation intimiste permet une approche plus pointue dans la découverte et la dégustation. Marie-Hélène parle de ses chocolatiers avec beaucoup de passion et d’envergure. Les chocolats qu’elle propose, sur ses vieilles commodes de bois, prennent – eux – une valeur incommensurable, comme s’ils étaient des pierres précieuses et uniques exposées sous vitrine.

sphere chocolat

Crédit Photo : © Géraldine Martens

L’intérêt de Marie-Hélène avec ces chocolats finalement n’est pas tellement d’en vendre en quantité, mais de comprendre leur qualité et de les apprécier en les dégustant, plutôt que les manger en boulottant. La longueur en bouche est tellement intense qu’un chocolat suffit au palais. En manger plus d’un serait se goinfrer.

Marie-Hélène est trop humble pour prétendre l’être, mais elle est une éducatrice du goût. Elle éduque à mieux manger le chocolat, à ressentir, comprendre et apprécier toute l’essence de ce produit noble qui se raréfie un peu plus chaque jour.

Le respect d’un artisan, de son travail et de son produit est le leitmotiv de l’histoire de Mococha. Tellement rares sont ces personnes qui se nourrissent de leur passion et qui les partagent comme ils partageaient un gâteau sur la table.

« Respecter ce que l’on mange, c’est se respecter soi même après tout. »

Infusion cacao Crédit Photo : © Géraldine Martens

Infusion cacao
Crédit Photo : © Géraldine Martens

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Crédit Photo : © Géraldine Martens

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Gâteau Baulois
Crédit Photo : © Géraldine Martens

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Crédit Photo : © Géraldine Martens

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Crédit Photo : © Géraldine Martens

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Crédit Photo : © Géraldine Martens

Mococha
89 rue Mouffetard 75005 Paris
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Ecrit par geraldinemartens

Rédactrice-Photographe et Community Manager dans la Gastronomie et la Pâtisserie.

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